Lichen plan du cuir chevelu : symptômes et traitement

Vue arrière d'une femme examinant ses cheveux et son cuir chevelu avec ses mains, exprimant de l'inconfort.

Une plaque qui s’agrandit sur le dessus du crâne, des démangeaisons qui reviennent : ces signes méritent votre attention. Le lichen plan cuir chevelu peut en être la cause, mais il ressemble à d’autres maladies.

Voici comment le repérer et le soigner.

Quand faut-il consulter ?

Une chute de cheveux en plaques, surtout quand elle s’accompagne de démangeaisons, de brûlures ou d’une sensibilité du cuir chevelu, mérite qu’on s’en occupe vite. Prenez rendez-vous avec un dermatologue. Il cherchera une inflammation active autour du follicule.

Vos questions avant la première consultation
Cochez les points à aborder avec votre dermatologue

La vitesse d’évolution oriente le suivi et le choix du traitement.

Ces symptômes aident le médecin à juger si l’inflammation est active.

Le lichen plan peut toucher d’autres zones que le cuir chevelu.

Certains médicaments peuvent provoquer une réaction proche d’un lichen plan pilaire.

Le dermatologue doit savoir ce qui a déjà été tenté avant de proposer autre chose.

Le prélèvement est parfois nécessaire pour confirmer le diagnostic.

Certains traitements demandent des contrôles ophtalmologiques ou des bilans sanguins réguliers.

Une zone cicatricielle ne repousse généralement pas, car son follicule a disparu.

La chute de cheveux pèse souvent sur l’image de soi et sur le moral.

Le lichen plan pilaire peut progresser lentement, parfois sans signe évident. Il détruit peu à peu les follicules et laisse des zones définitivement dégarnies. Plus la prise en charge commence tôt, plus vous avez de chances de limiter la chute.

Quels signes doivent vous pousser à appeler ? Surtout ceux-ci :

  • Repérer des plaques clairsemées qui s’agrandissent ou finissent par se rejoindre.
  • Remarquer une peau lisse et brillante là où les cheveux sortaient habituellement.
  • Voir des squames autour des cheveux, comme de petites gaines à la base de chaque tige.
  • Constater des rougeurs ou des boutons autour des follicules.
  • Ressentir des démangeaisons, des brûlures ou une douleur qui ne passent pas.
  • Perdre des sourcils ou des cils en même temps que le cuir chevelu se dégarnit.
  • Noter des lésions sur la peau, la bouche, les ongles ou les parties génitales, qui peuvent accompagner un lichen plan.
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Attention aux confusions : la dermatite séborrhéique provoque des rougeurs et des pellicules, mais ne détruit généralement pas les follicules. La pelade donne souvent des plaques nettes, avec des follicules encore visibles. Le lupus cutané peut aussi causer une alopécie cicatricielle, mais ses signes et son aspect au microscope diffèrent. Consultez si la chute continue malgré vos soins habituels.

Qu’est-ce que le lichen plan pilaire ?

C’est une forme de lichen plan qui s’attaque aux follicules pileux, les petites structures qui fabriquent vos cheveux. L’inflammation se loge autour de leur partie supérieure. Elle peut détruire le follicule et laisser une cicatrice, empêchant le cheveu de repousser à cet endroit.

On parle d’alopécie cicatricielle. Le cheveu tombe parce que sa « fabrique » a été détruite. Les plaques apparaissent par endroits, pas en une chute uniforme. Elles restent petites ou s’étendent peu à peu.

Le cuir chevelu est la cible principale. Mais les poils du visage, les sourcils, les cils ou d’autres zones du corps peuvent aussi être touchés. Rassurez-vous : la maladie ne se transmet pas d’une personne à l’autre.

Plusieurs formes voisines existent :

  • Le lichen plan pilaire classique : des plaques irrégulières, souvent au sommet du crâne ou sur les côtés.
  • L’alopécie fibrosante frontale : la ligne des cheveux recule petit à petit au front et aux tempes, avec une perte possible des sourcils.

Pourquoi survient-il ?

Un mécanisme immunitaire

La cause précise reste inconnue. Le mécanisme le plus admis implique le système immunitaire. Il s’en prend par erreur à certaines structures du follicule.

Les lymphocytes T sont des cellules de défense. Dans cette maladie, ils se regroupent autour du follicule et entretiennent l’inflammation. C’est comme si les défenses de votre corps prenaient le follicule pour une menace. Elles finissent par l’abîmer au lieu de le protéger.

Facteurs possibles et autres atteintes

Ce n’est généralement pas une maladie héréditaire. Certains facteurs génétiques pourraient toutefois influencer la réaction du système immunitaire. Une histoire familiale ne permet donc pas, à elle seule, de prédire l’apparition de la maladie.

Le lichen plan peut toucher d’autres zones, avant, pendant ou après le cuir chevelu.

Le dermatologue cherche donc aussi :

  • Des lésions cutanées, souvent rouges, violacées ou qui démangent.
  • Des atteintes de la bouche, parfois sous forme de plaques blanchâtres ou de zones irritées.
  • Des modifications des ongles, avec fragilisation ou déformation.
  • Des lésions génitales, qui peuvent provoquer gêne ou douleurs.

Certains médicaments provoquent de rares réactions proches d’un lichen plan pilaire. C’est surtout le cas de ceux qui modifient fortement la réponse immunitaire.

Certains médicaments peuvent provoquer de rares réactions proches du lichen plan pilaire, notamment ceux qui modifient fortement la réponse immunitaire. N’arrêtez jamais un traitement de vous-même. Signalez au dermatologue tous les médicaments que vous prenez, même depuis longtemps.

Des infections, des allergies de contact ou d’autres maladies inflammatoires ont aussi été évoquées, mais la cause précise reste inconnue. Aucune cause unique n’explique la majorité des cas. Un shampoing, une coloration ou un manque d’hygiène ne provoquent donc pas la maladie.

Comment ça se manifeste

Le signe le plus visible, c’est la chute en plaques. Les zones touchées peuvent être isolées, multiples, irrégulières, ou se réunir en une plaque plus large. Le sommet du crâne, les côtés et la région frontale sont les endroits où on la remarque le plus souvent.

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Et là, surprise : les symptômes ne sont pas toujours là. Quand ils apparaissent, ils prennent plusieurs formes :

  • Démanger, avec une intensité variable, parfois par poussées.
  • Brûler ou picoter sur une zone précise.
  • Faire mal au contact d’un bonnet, d’une brosse ou d’un oreiller.
  • Tirer lorsque l’inflammation ou la cicatrice s’étend.

Ne confondez pas avec une chute diffuse, comme celle qui suit une maladie ou une période de stress. Là, les follicules restent en place et peuvent refaire un cheveu. Dans la forme cicatricielle, certains follicules sont détruits.

Le lichen plan pilaire peut aussi ressembler à d’autres problèmes fréquents :

  • La dermatite séborrhéique provoque rougeurs et pellicules, mais ne détruit généralement pas les follicules.
  • La pelade donne souvent des plaques nettes, avec des follicules encore visibles.
  • Le lupus cutané peut aussi causer une alopécie cicatricielle, mais ses signes et son aspect au microscope diffèrent.
  • La folliculite décalvante associe plutôt inflammation, pustules et parfois plusieurs cheveux sortant d’un même follicule.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Un instrument médical portatif repose sur une surface blanche, près de cotons-tiges, de flacons et d’une serviette.
La trichoscopie aide le médecin à examiner de près les signes présents sur le cuir chevelu.

Le dermatologue commence par vous interroger. Il veut savoir quand la chute a débuté, à quelle vitesse elle progresse, si vous avez mal ou des démangeaisons, et quels traitements vous avez déjà essayés. Il examine ensuite le cuir chevelu, mais aussi la peau, la bouche et les ongles.

Examen clinique et trichoscopie

La trichoscopie, un examen à la loupe du cuir chevelu, peut révéler :

  • Une desquamation autour des cheveux, très évocatrice d’une inflammation folliculaire.
  • Une disparition des ouvertures folliculaires.
  • Des points blancs irréguliers, qui correspondent aux zones de fibrose.
  • Des cheveux isolés, à la place des petits groupes habituels.
  • Des cheveux fragiles ou déformés quand l’inflammation est active.

Le médecin tire doucement sur quelques cheveux au bord de la plaque. Si des cheveux en pleine croissance se détachent facilement, cela peut indiquer que la maladie est encore active.

Biopsie

Quand l’examen clinique et la trichoscopie ne suffisent pas, la biopsie confirme souvent le diagnostic. Un petit fragment de peau est prélevé sous anesthésie locale, généralement au bord d’une zone où persistent rougeurs et squames.

Le choix du site compte beaucoup. Un prélèvement pris au centre d’une plaque ancienne et inactive ne montre que la cicatrice. L’inflammation de départ reste alors invisible.

Au microscope, le médecin cherche trois signes : une inflammation de lymphocytes autour du follicule, une destruction progressive de sa structure et une fibrose. La fibrose, c’est du tissu cicatriciel qui remplace le tissu sain.

La biopsie aide aussi à distinguer le lichen plan pilaire du lupus cutané, de la pelade ou d’autres alopécies cicatricielles. Parfois, plusieurs prélèvements sont nécessaires pour examiner le follicule sous différents angles.

Examens complémentaires et suivi

Aucune prise de sang ne confirme seule un lichen plan pilaire. Des analyses peuvent toutefois être demandées. Cela dépend de vos antécédents, des médicaments envisagés ou d’une autre maladie possible.

Pour suivre l’évolution, le dermatologue prend des photos standardisées et mesure les plaques. Il refait aussi la trichoscopie. Ces comparaisons montrent si la zone s’étend, même quand les symptômes diminuent.

Comment se traite-il et quel est le pronostic ?

Le traitement vise trois objectifs : calmer l’inflammation, soulager les symptômes et protéger les follicules encore vivants. Un cheveu perdu sur une zone cicatricielle ne repousse généralement pas, car son follicule a disparu.

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Le choix dépend de l’étendue des plaques, de la vitesse de progression, de l’intensité des symptômes et de vos autres maladies. Il n’existe pas de solution unique pour tout le monde.

Les traitements prescrits

Côté traitements locaux, on peut proposer :

  • Un dermocorticoïde puissant en lotion, gel, mousse ou solution, surtout sur les zones enflammées.
  • Des injections locales de corticoïde dans une plaque limitée, avec une gêne possible et un risque d’amincissement de la peau.
  • Un traitement local non corticoïde, comme le tacrolimus, qui réduit l’inflammation sans amincir la peau.
  • Du minoxidil pour améliorer la densité des cheveux encore présents, sans réparer les follicules cicatrisés.

Côté traitements par voie générale :

  • L’hydroxychloroquine, quand la maladie est plus étendue, persistante ou active.
  • Une courte corticothérapie orale en cas d’inflammation importante ou de progression rapide.
  • La doxycycline, pour son effet anti-inflammatoire dans certaines situations.
  • Le méthotrexate, le mycophénolate mofétil ou la ciclosporine, lorsque la maladie résiste aux premières options.

Suivi des traitements

Les médicaments pris par voie générale demandent un suivi serré. Avec l’hydroxychloroquine, un contrôle ophtalmologique est nécessaire. Le méthotrexate, le mycophénolate mofétil et la ciclosporine imposent des bilans sanguins réguliers.

Le résultat peut prendre du temps. L’hydroxychloroquine met parfois plusieurs mois à agir. Un contrôle trop tôt ne permet donc pas de juger le traitement.

Traitements naturels et précautions au quotidien

Aucun traitement naturel n’a prouvé qu’il arrête la destruction des follicules. Une alimentation équilibrée reste bonne pour la santé. Mais aucun aliment précis n’a montré qu’il soigne le lichen plan pilaire.

Attention : méfiez-vous des promesses de repousse rapide.

Pendant la prise en charge, vous pouvez limiter les agressions du cuir chevelu :

  • Éviter les colorations et les défrisages si le cuir chevelu est irrité.
  • Brosser doucement, sans gratter les plaques ni arracher les squames.
  • Choisir des soins simples si certains produits provoquent des brûlures.
  • Protéger du soleil les zones dégarnies, avec un couvre-chef ou une protection adaptée.
  • Camoufler les plaques avec une poudre, des fibres capillaires, un complément ou une perruque.

La fréquence des shampoings ne semble pas déterminer l’importance de la chute. Lavez donc vos cheveux selon votre confort, avec un produit bien toléré. Inutile d’espacer les lavages.

Pronostic et options chirurgicales

Le meilleur résultat, c’est souvent l’arrêt de la chute. Les démangeaisons et les douleurs diminuent aussi. Une repousse concerne des cheveux fragilisés mais encore vivants. Elle ne touche pas les zones où la cicatrice a remplacé le follicule.

Une greffe ou une chirurgie réparatrice peut être envisagée si la maladie est inactive depuis longtemps et que les plaques sont stables. Une réactivation reste possible et peut entraîner la perte des greffons.

Un chapeau de paille et une brosse à cheveux en bois sont posés sur une table claire, près d’une plante en pot et d’un linge plié.
Une protection solaire et des gestes doux peuvent limiter les irritations pendant la prise en charge.

La chute peut peser lourd sur l’image de soi, sur le moral et sur les relations. Parler des solutions de camouflage fait pleinement partie de la prise en charge. Demander un soutien psychologique ou rejoindre une association aussi.

Le lichen plan pilaire avance souvent sans bruit, et c’est justement pour cela qu’il faut surveiller la suite. Notez l’emplacement des plaques et leur évolution, photos à l’appui, et rapportez ces observations à votre dermatologue à chaque consultation. Une plaque qui s’étend ou des démangeaisons qui reviennent sont des signaux à ne pas laisser passer : plus le suivi est précoce, plus on peut préserver les follicules encore vivants.

Dr Théo Mafrin

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