En France, environ 1 % de la population est concernée par la pelade en plaques.
Va-t-elle repousser toute seule, et faut-il la traiter ? On fait le point sur la repousse et les traitements possibles.
Quand consulter pour une plaque sans cheveux ?
Une plaque sans cheveux mérite un avis médical. C’est surtout vrai si elle apparaît vite, s’agrandit, ou s’accompagne de rougeurs, de squames, de douleurs, de démangeaisons ou de cheveux cassés.
Une pelade en plaques peut ressembler à d’autres problèmes du cuir chevelu. Le traitement change complètement selon le diagnostic, d’où l’intérêt d’un dermatologue pour confirmer la cause.
- une teigne
- une trichotillomanie
- une alopécie de traction
- une maladie inflammatoire du cuir chevelu
Chez l’enfant, n’attendez pas. Consultez si plusieurs plaques apparaissent, si le cuir chevelu pèle ou si de petits cheveux cassés restent visibles. La teigne demande en particulier un prélèvement et un traitement antifongique adapté.
Pour préparer la consultation, pensez à noter les éléments suivants :
- La date d’apparition de la première plaque et la vitesse à laquelle elle s’étend ;
- Les démangeaisons, brûlures, douleurs ou petites desquamations éventuelles ;
- Les antécédents de pelade ou de maladie auto-immune dans la famille.
Qu’est-ce que la pelade en plaques ?
La pelade en plaques est une maladie inflammatoire et auto-immune. Elle fait tomber les cheveux ou les poils d’un coup, sur une ou plusieurs zones bien délimitées.
Définition et formes
Dans la pelade, les défenses immunitaires perturbent le fonctionnement des follicules pileux. Ce sont les petits organes qui fabriquent vos cheveux. En général, le follicule n’est pas détruit, et c’est pour cela que les cheveux peuvent repousser.
On distingue la pelade en plaques de la pelade totale. La première touche une ou plusieurs zones localisées. La seconde fait tomber presque tous les cheveux du cuir chevelu.
Personnes concernées
La pelade peut survenir à tout âge. Elle touche surtout les adolescents et les jeunes adultes, avec un pic autour de 20 ans.
En France, environ 1 % de la population est concernée. Hommes et femmes sont touchés de la même façon, et la maladie n’est pas contagieuse.
La pelade peut aller avec d’autres maladies auto-immunes ou inflammatoires, comme le vitiligo, certains troubles de la thyroïde, la dermatite atopique ou le psoriasis. Cela ne veut pas dire que chaque plaque cache un problème général.
Pourquoi survient-elle ?
La pelade survient quand les défenses immunitaires perturbent le fonctionnement des follicules pileux. Plusieurs facteurs peuvent favoriser cette réaction, mais on ne retrouve pas de cause unique chez chaque personne.
Mécanismes et facteurs associés
La génétique joue un rôle : environ une personne sur cinq atteinte de pelade rapporte des antécédents familiaux, sans qu’il y ait pour autant de transmission automatique d’un parent à l’enfant.
Le stress peut précéder une poussée ou l’aggraver chez certaines personnes, sans suffire à expliquer la maladie. Il ne signifie pas non plus que vous l’avez provoquée.
La pelade n’est ni une infection ni le résultat d’un manque d’hygiène. Elle n’est pas causée par un shampooing, une coupe de cheveux ou un contact avec une personne atteinte.
Déclencheurs possibles et prévention
Aucune mesure ne garantit d’éviter la pelade. Vous pouvez en revanche protéger votre cuir chevelu et limiter les agressions :
- Évitez les coiffures très serrées qui tirent régulièrement sur les cheveux
- Manipulez doucement les plaques et écartez les produits irritants
- Consultez si la chute continue, afin de vérifier le diagnostic
Comment ça se manifeste ?
La pelade commence souvent par une zone ronde ou ovale, apparue en quelques jours ou quelques semaines. Elle peut rester unique, ou être suivie d’autres zones sur le cuir chevelu ou sur le corps.
La peau paraît en général lisse, sans croûtes ni squames. Une légère démangeaison ou une sensation de brûlure peut accompagner la chute.
Sur le bord de la plaque, le dermatologue peut voir des cheveux courts et cassés. Ils sont plus fins près de la peau et leur forme rappelle parfois un point d’exclamation. C’est un signe très évocateur.
La chute peut aussi toucher la barbe, avec des zones nettes sur le menton ou les joues, ainsi que les ongles, qui deviennent ponctués, striés ou fragiles.
Une plaque rouge, douloureuse, très squameuse ou suintante ressemble peu à une pelade classique. Elle doit faire chercher une autre cause, notamment une infection ou une inflammation du cuir chevelu.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic repose sur l’observation de votre cuir chevelu, l’examen des autres zones pileuses et les questions sur l’évolution de la chute. Une plaque typique n’exige pas forcément d’examen supplémentaire.
Le dermatologue peut utiliser un dermatoscope. C’est une loupe éclairante qui agrandit la peau, les cheveux et les follicules. Elle lui permet de repérer les cheveux en point d’exclamation.
En cas de doute, deux examens peuvent s’ajouter.
- Un prélèvement mycologique recherche une teigne, surtout quand le cuir chevelu présente des squames ou des cheveux cassés.
- Une biopsie prélève un petit fragment de peau dans les formes atypiques ou difficiles à distinguer.
La repousse et l’évolution sont-elles prévisibles ?
La repousse est possible. La pelade ne détruit en général pas les follicules. Elle peut commencer spontanément ou après un traitement. Son délai et son ampleur restent toutefois difficiles à prévoir.

Environ la moitié des personnes atteintes retrouvent une repousse complète au cours de la première année. Mais certaines formes s’étendent vers une pelade totale ou universelle.
Plusieurs éléments sont associés à une repousse moins favorable :
- Une chute très étendue.
- Une atteinte des bords arrière et latéraux du cuir chevelu.
- Une pelade ancienne ou qui évolue depuis longtemps.
- Un début pendant l’enfance.
- Une autre maladie auto-immune associée.
Les cheveux peuvent repousser par petites touffes. Au début, ils sont parfois très fins, blancs ou de texture différente. Leur aspect évolue ensuite progressivement. Avec le temps, ils retrouvent parfois leur pigmentation.
Une repousse après traitement ne protège pas forcément d’une nouvelle poussée. La pelade peut rester limitée à un épisode. Elle peut aussi revenir plusieurs fois au cours de la vie.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le traitement dépend de votre âge, du nombre de plaques, de leur taille, de leur ancienneté, de la vitesse à laquelle elles progressent et de leur effet sur votre vie quotidienne.
Décider d’une prise en charge
Pour une petite plaque récente, une simple surveillance suffit parfois. Une repousse spontanée peut survenir. Un traitement devient plus utile quand les plaques s’étendent, se multiplient, durent ou vous font souffrir. Chez l’enfant, le choix tient aussi compte de la douleur, de l’âge et du rapport entre bénéfices et effets indésirables.
Traitements médicaux
Les dermocorticoïdes sont des anti-inflammatoires que l’on applique sur la peau. On les propose souvent pour les formes localisées. Chez le jeune enfant, ce sont en général les traitements locaux privilégiés.
Chez l’adulte qui n’a que quelques plaques, on peut envisager des injections de corticoïdes dans les zones atteintes. Elles peuvent amincir la peau ou la décolorer.
En cas de poussée étendue ou rapide, une courte cure de corticoïdes par voie orale ou intraveineuse peut être proposée. Le médecin évalue d’abord les risques.
Le méthotrexate et d’autres immunomodulateurs peuvent être discutés. Ils concernent certaines pelades étendues, persistantes ou résistantes. Ils exigent une prescription spécialisée et une surveillance régulière.
Traitements ciblés et suivi
Le baricitinib, vendu sous le nom d’OLUMIANT, est remboursé pour la pelade sévère de l’adulte. Le ritlécitinib, vendu sous le nom de LITFULO, concerne les adultes et les adolescents de 12 ans et plus dans la même situation.
Ces traitements demandent un bilan et un suivi. On surveille notamment la numération sanguine, les lipides et le risque d’infection. Ils sont contre-indiqués pendant la grossesse, et certaines personnes doivent prendre des précautions particulières.
Vivre avec une pelade en plaques
La pelade ne menace en général pas la santé physique. Mais la perte de cheveux peut peser sur l’image de soi, les relations, les études ou le travail. Parlez-en dès la consultation.
Pour suivre l’évolution, prenez une photo des plaques à intervalles réguliers. Gardez la même lumière. Montrez ces images à votre dermatologue. Évitez de multiplier les traitements maison : ils risquent d’irriter le cuir chevelu.
Vous ne pouvez pas savoir à l’avance si vos cheveux vont repousser, ni quand. Gardez donc un œil sur l’évolution de vos plaques, et ayez en tête qu’une nouvelle poussée reste possible, même après une repousse complète.





