Une tache rose ou rouge, à peine en relief, sur la peau génitale ou anale : c’est souvent un condylome plat.
Vous en avez peut-être vu une et vous ne savez pas si elle est grave. Dans cet article, nous allons voir comment la reconnaître, la distinguer des lésions voisines et savoir si elle se transmet.
Qu’est-ce qu’un condylome plat ?
Le condylome plat lié au papillomavirus
Un condylome plat est une lésion ano-génitale liée au papillomavirus humain, ou HPV. Il est moins en relief qu’une verrue génitale classique. Souvent, il ressemble à une tache rouge ou rosée, ce qui le rend facile à manquer.
Il existe trois formes de condylomes génitaux : acuminées, papuleuses et planes. Les formes planes sont les plus discrètes. Les HPV 6 et 11 causent le plus souvent les condylomes externes, avec un faible risque de cancer.
Pour savoir ce qui se passe sur les muqueuses génitales, lisez la page sur les papillomes malpighiens.
Les condylomata lata de la syphilis
Une lésion plate n’est pas toujours un condylome plat. Elle peut aussi être un condylome de la syphilis, appelé condylomata lata, qui apparaît pendant la syphilis secondaire, une infection bactérienne sexuellement transmissible.
Ces lésions aplaties se forment surtout dans les zones humides, autour de l’anus et des organes génitaux. Elles sont très contagieuses, donc si vous en voyez une dans ces zones, consultez rapidement un médecin.
À quoi ressemble-t-il ?
Un condylome plat peut ressembler à une macule, c’est-à-dire une tache rouge ou rosée sans relief. Rien ne dépasse de la peau, donc il passe facilement inaperçu.
Une lésion plane ne se reconnaît pas toujours à l’œil nu. Une photo ou un auto-examen ne permet pas de confirmer un condylome HPV. Une loupe et un examen médical aident à le voir.
Chez l’homme, elles se cachent souvent dans le sillon entre le gland et le prépuce, ou au niveau du frein. Chez la femme, elles touchent la vulve et le périnée.
Un professionnel peut appliquer de l’acide acétique à 5 %, qui rend certaines lésions plus visibles en taches blanches. Ce n’est pas un autotest : il ne suffit pas à poser le diagnostic.
Le distinguer de la syphilis et des autres lésions
Les lésions de la syphilis secondaire
La syphilis secondaire peut aussi donner des lésions plates. Ce sont des plaques ou de petites bosses aplaties, souvent rose terne, gris-blanc ou beige, surtout là où la peau rejoint les muqueuses et dans les zones humides.
Une éruption peut apparaître sur tout le corps, parfois sur la paume des mains et la plante des pieds. Des ganglions gonflés, de la fièvre et une grande fatigue peuvent aussi venir avec elle.
Ces signes arrivent souvent 6 à 12 semaines après la plaie du début, le chancre. Si vous les remarquez, consultez vite : seul un test sanguin confirme la syphilis.
Les autres lésions qui leur ressemblent
Une lésion plate seule ne suffit pas à trancher, car plusieurs autres lésions lui ressemblent :
- Les molluscums, de petites bosses rondes et lisses causées par un virus de la peau.
- Les papules perlées du gland, de petits grains réguliers souvent placés au bord du gland, qui sont sans danger.
- Le psoriasis et d’autres maladies de la peau, qui forment des plaques rouges ou squameuses pouvant toucher la zone génitale.
- Un examen médical reste nécessaire, car la couleur et la forme ne suffisent pas à identifier la cause.
Est-il contagieux ?
Le HPV se transmet surtout par contact direct entre la peau et les muqueuses, pendant une activité sexuelle. Pas besoin de pénétration : un contact intime suffit.
Le préservatif ne couvre pas toutes les zones, donc le virus peut passer même avec un préservatif. Et un condylome peut transmettre le HPV quand aucune lésion n’est visible.
Le préservatif réduit le risque de transmettre le HPV, sans l’annuler. Il ne couvre pas toute la peau génitale ni la zone autour de l’anus.
Partager une serviette ou un bain est peu risqué : le HPV passe surtout par contact direct.
Pour la syphilis, c’est tout autre. Ses lésions plates peuvent la transmettre par contact direct, donc consultez vite.
Comment le diagnostic est posé
Pour poser le diagnostic, le professionnel examine trois points :
- les lésions, sous un bon éclairage, parfois à la loupe ;
- la région génitale, puis la région anale, qui peuvent toutes deux être atteintes ;
- les tests utiles, choisis selon les signes observés et vos pratiques sexuelles.
Le médecin demande souvent un bilan IST de base. Il comprend un test d’urine pour la Chlamydia, une prise de sang pour la syphilis, l’hépatite B et le VIH.
Si le doute persiste ou si la lésion peut être précancéreuse, on fait une biopsie : un prélèvement analysé au laboratoire. Les CeGIDD, gratuits et anonymes, accueillent les personnes avec une lésion génitale ou anale.
Comment se traite-t-il ?
Les traitements réalisés en consultation
Aucun traitement ne supprime le HPV lui-même. On soigne donc les lésions visibles, et leur nombre, leur étendue et leur emplacement guident le choix de la méthode.
En consultation, la cryothérapie détruit les lésions par le froid, avec de l’azote. Le rythme recommandé est d’une séance par semaine, avec une ou deux applications de 20 secondes au maximum, jusqu’à quatre séances.
Pour des lésions nombreuses, étendues ou difficiles à traiter autrement, le laser CO₂, la chirurgie ou l’électrochirurgie peuvent les retirer. Une lésion nouvelle, persistante ou douteuse doit être examinée par un médecin : dermatologue, généraliste, gynécologue ou CeGIDD.
Les traitements locaux prescrits
Le nombre et la taille des lésions orientent le choix du traitement local.
| Critère | Peu de lésions, petites | Plus de 10 lésions ou plus de 1 cm² de surface |
|---|---|---|
| Traitements proposés | Imiquimod ou podophyllotoxine | Imiquimod, ou destruction par laser, chirurgie ou électrocoagulation |
| Qui choisit le produit | Le professionnel choisit le produit et explique comment l’appliquer | Le professionnel choisit la méthode adaptée |
| Précaution sur la podophyllotoxine | Interdite pendant la grossesse, mal adaptée à la vulve et à l’anus | Non proposée dans ce cas |
Disparaît-il, revient-il, est-il grave ?
Un condylome peut disparaître tout seul, sans traitement. La plupart des infections à HPV disparaissent en 24 mois, mais ce délai ne prédit pas le sort de votre lésion.
Après un traitement, les retours sont fréquents. Avec la cryothérapie (le gel au froid qui brûle la lésion), 23 % des personnes ont une récidive au bout de 6 mois. Surveillez donc la zone traitée.

Les condylomes externes sont bénins : les HPV 6 et 11 qui les causent sont à faible risque de cancer. La vaccination protège des nouvelles infections, mais ne soigne pas un condylome présent.
Le col reste à suivre, car les HPV 16 et 18 peuvent mener à un cancer si l’infection persiste. Un test HPV tous les cinq ans à partir de 30 ans le repère.
Une tache rose ou rouge sur la peau génitale ou anale peut être un condylome plat, mais seul un médecin peut le confirmer.
Si vous en voyez une, prenez rendez-vous vite chez un généraliste, un gynécologue, un dermatologue ou dans un CeGIDD.





