Traitement du pityriasis rosé : que faire, et quand consulter ?

Une femme vue de dos avec des taches cutanées rouges sur le dos et la nuque dans une chambre lumineuse.

Une plaque rose ou fauve apparaît sur le tronc, et l’on ne sait pas toujours si elle est sans gravité. Beaucoup de personnes se demandent alors s’il faut la soigner tout de suite, et combien de temps elle va rester.

Cet article vous explique quoi faire face à cette éruption, quand un traitement se justifie et à quel moment il faut consulter un médecin.

Faut-il vraiment traiter le pityriasis rosé ?

Le pityriasis rosé de Gibert est une affection bénigne, qui guérit en général toute seule. Vous n’avez donc pas à vous précipiter sur un traitement dès l’apparition des plaques.

Aucun traitement n’est systématique. On ne traite que si la gêne le demande, et cette décision se prend avec un médecin.

Sans traitement, l’éruption disparaît habituellement en 6 à 8 semaines, mais dure parfois 2 à 3 mois et jusqu’à 5 mois dans les cas longs.
La plupart des éruptions s’effacent en quelques semaines, mais certaines persistent plusieurs mois.

L’éruption disparaît en général en 6 à 8 semaines sans traitement. Dans la plupart des cas, elle part en moins de 8 semaines. Certaines éruptions durent 2 à 3 mois, voire jusqu’à 5 mois.

Un traitement ne sert donc qu’à calmer les démangeaisons, quand elles sont fortes ou gênantes. Si c’est votre cas, parlez-en à votre médecin : il choisira le produit avec vous.

Pourquoi survient le pityriasis rosé ?

On ne connaît pas la cause exacte du pityriasis rosé. Une piste existe : la réactivation de virus de la famille de l’herpès, HHV-6 ou HHV-7.

Mais cette hypothèse n’a jamais été prouvée. Résultat : on ne sait pas pourquoi une personne en est atteinte et pas une autre.

Le pityriasis rosé n’est pas contagieux. Vous ne risquez donc pas de le transmettre à vos proches, ni de l’attraper en côtoyant quelqu’un qui en a.

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Certains médicaments peuvent aussi donner une éruption qui lui ressemble : l’hydrochlorothiazide, le captopril, le métronidazole ou l’allopurinol. Une éruption qui suit un nouveau traitement doit donc être signalée à votre médecin.

Comment reconnaître le pityriasis rosé ?

Les plaques du tronc et des membres

Le premier signe est souvent une grande plaque ovale, de 2 à 10 cm. On l’appelle la plaque mère. Elle apparaît surtout sur le tronc, et c’est elle qui fait penser au pityriasis rosé.

Gros plan sur une peau présentant deux plaques rouges arrondies, près du bord d’un vêtement blanc.
La plaque mère apparaît souvent avant les plaques secondaires, qui se manifestent généralement une à deux semaines plus tard.

Entre 7 et 14 jours plus tard, de plus petites plaques apparaissent, de 0,5 à 2 cm. Elles suivent la plaque mère sur le tronc et les membres.

Le dessin du dos reste le même, mais la couleur des plaques change selon votre type de peau.

Critère Peau claire Peau foncée
Couleur des plaques Roses ou couleur fauve Violacées ou plus foncées
Dessin sur le dos Forme de sapin, qui suit les lignes naturelles de la peau Même dessin en sapin
Marques après l’éruption Zones plus foncées pendant plusieurs mois Zones plus foncées pendant plusieurs mois, parfois après une luminothérapie

Les formes du visage et de l’enfant

Chez l’enfant, les plaques peuvent toucher les aisselles ou l’aine, au lieu de rester sur le tronc. L’éruption paraît alors moins familière, mais il s’agit du même pityriasis rosé.

Des formes atypiques peuvent aussi toucher le visage ou le cuir chevelu. Chez les enfants à peau foncée, le visage est atteint plus souvent, donc pensez-y si une éruption apparaît là.

Quels soins calment les démangeaisons ?

Les soins locaux du quotidien

Les démangeaisons sont fréquentes : elles touchent environ 25 à 75 % des personnes. Mais elles varient beaucoup d’une personne à l’autre. Certaines ont à peine envie de se gratter, d’autres souffrent vraiment.

Si votre éruption ne vous démange pas et ne vous gêne pas, aucun traitement n’est nécessaire. Vous pouvez simplement la laisser suivre son cours.

Pour une gêne légère, ces gestes simples peuvent suffire :

  • Appliquez un hydratant sur la peau, ou une lotion à la calamine si elle vous démange : cela peut aider à calmer la gêne.
  • Prenez une douche ou un bain à l’eau tiède, qui peut soulager la peau.
  • Essayez un bain à l’avoine, une autre option pour apaiser la peau.
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Les médicaments, sur avis médical

Si les démangeaisons sont fortes, c’est le médecin qui décide d’un traitement. Il peut proposer un antihistaminique en comprimés, ou une crème corticoïde à appliquer sur les plaques.

Ces produits calment la gêne, mais ils ne suppriment pas la cause de l’éruption. Ils ne font donc pas disparaître les plaques plus vite. Ils aident seulement à mieux supporter les démangeaisons.

Les antiviraux et antibiotiques servent-ils à quelque chose ?

Les antiviraux ne sont pas donnés de routine. Un court traitement à l’aciclovir, un antiviral, peut parfois être envisagé si l’éruption est étendue et que vous consultez tôt, ou si le début ressemble à une grippe.

Les antibiotiques, eux, n’ont pas leur place, sauf si une infection s’ajoute à l’éruption. Les essais sur l’aciclovir suggèrent un effet sur les symptômes dans certains cas, mais les données restent limitées.

Si vous êtes enceinte, surtout pendant les 15 premières semaines, parlez-en à votre médecin dès que vous voyez l’éruption. Le pityriasis rosé est associé à un risque de naissance prématurée ou de mort fœtale.

L’aciclovir n’a pas prouvé qu’il réduit ces complications. Il ne vous protège donc pas à coup sûr : la décision de traiter se prend avec votre médecin, jamais seul.

Remèdes naturels et homéopathie : que disent les sources ?

Aucun remède naturel ni produit homéopathique n’a prouvé son efficacité contre le pityriasis rosé. Ce qui aide, ce sont des mesures de confort.

Un hydratant, de la calamine et des bains ou douches à l’eau tiède calment la gêne. La lumière aussi peut soulager, mais elle laisse parfois des zones plus foncées : mieux vaut la doser.

Le vrai risque, dans cette affection, c’est de tarder à consulter. Une éruption qui ne s’en va pas, ou qui s’accompagne de symptômes généraux, ne doit pas attendre qu’elle disparaisse toute seule.

Si vous avez de la fièvre, si vous êtes très fatigué ou si vous perdez du poids, ne vous contentez pas d’attendre. Un médecin doit alors vérifier qu’il n’y a pas une autre cause.

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Quand faut-il consulter ?

Si les plaques durent plus de 2 à 3 mois, demandez un avis médical. Le médecin doit alors vérifier qu’il s’agit bien de cette affection.

Avant de consulter : les points à vérifier
Cochez ce qui vous concerne. Cette liste vous aide à savoir quand demander un avis médical, elle ne pose aucun diagnostic.

Au-delà de 2 à 3 mois, un avis médical est recommandé pour confirmer le diagnostic.

La fièvre fait partie des signes pour lesquels il faut consulter sans attendre.

Une fatigue inhabituelle doit être signalée à votre médecin.

Une perte de poids nouvelle justifie une consultation rapide.

Le médecin doit voir l’éruption avant toute décision sur un traitement.

Une prise de sang, la sérologie de la syphilis, peut alors être nécessaire.

Certains médicaments peuvent provoquer une éruption ressemblant au pityriasis rosé.

Un traitement contre les démangeaisons se décide avec votre médecin.

Consultez aussi si vous avez de la fièvre, une fatigue importante ou un autre symptôme nouveau, comme une perte de poids. Dans ce cas, n’attendez pas la fin de l’éruption pour voir un médecin.

Un avis médical est aussi utile dans ces cas :

  • Vous êtes enceinte ou pensez l’être : le médecin doit voir l’éruption avant toute décision sur un traitement.
  • Les paumes des mains ou les plantes des pieds sont touchées : une prise de sang, appelée sérologie de la syphilis, peut alors être nécessaire.
  • La plaque mère n’apparaît pas : une sérologie de la syphilis peut aussi être demandée.
  • Les plaques suivent un ordre ou une répartition inhabituels : le médecin peut proposer la même prise de sang.

Retenez l’essentiel : le pityriasis rosé de Gibert part seul, sans traitement systématique. Vous ne soignez que si les démangeaisons vous gênent, et seulement avec l’accord de votre médecin.

Votre prochain pas : surveillez l’éruption. Si elle dure plus de 2 à 3 mois, ou si la fièvre, la fatigue ou une perte de poids s’ajoutent, consultez sans attendre.

Dr Théo Mafrin

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